Editions Wildproject
"Le Monde qui vient" : écologie et créolité

"La monoculture est toujours une violence"
Alain Richert, jardiner

"La France peine à entrer dans le monde qui vient"
Achille Mbembe, 2016

 

"Le Monde qui vient" explore les liens entre la crise écologique et les structures coloniales du monde contemporain. Portée par la conviction d'un socle idéologique commun des violences faites aux non-humains et des violences faites aux non-blancs, cette collection invite à dépasser le "projet de civilisation" de l'Occident moderne.

Nationalisme et islamophobie dans les pays occidentaux, sur fond de violence militaire intensive contre les mondes musulmans, de déploiement accru de la puissance militaire américaine dans le monde, de nécocolonialisme des multinationales… : dans un contexte de montée en visibilité du "suprématisme blanc", cette collection veut attirer l'attention du public sur la nécessité vitale de faire face aux impensés coloniaux.

Les violences écologiques faites à la Terre (sixième extinction) et les violences racistes faites aux humains (discrimination, crimes, expulsions, pillages…) sont souvent le fait des mêmes acteurs, servent les mêmes intérêts, et relèvent de la même justification idéologique, notamment de l'idée d'une nature conçue par opposition à l'homme moderne blanc (une nature à la fois destinée à être domptée, et pourtant objet de fascination pittoresque, voire bienveillante, dans sa sauvagerie supposée – femmes, peuples dits "premiers", territoires dit "sauvages"…).

Les inégalités Nord Sud et l'idéologie coloniale ont toujours été à l'arrière-plan de l'effort des philosophes de l'écologie – tiers-mondisme d'Arne Næss, déconstruction anticoloniale de la wilderness de Baird Callicott. Mais on ne pourra véritablement repenser l'idée moderne de nature sans mettre un terme aux structures coloniales qui l'accompagnent.

Dépasser la ligne de partage entre "nature" et "culture" pourrait contribuer à désarmer le logiciel colonial selon duquel on exploite aujourd'hui la terre et ses humains, en mettant en œuvre une destruction industrielle des équilibres collectifs spontanés qui ont rendu possible la vie terrestre des humains et des non-humains. Cette collection est portée par la conviction qu'un monde est encore possible après les crimes écologiques et coloniaux, et voudrait contribuer à en esquisser les contours.

 

 

Pour leur aide à la construction de cette collection, nous remercions

PASCAL MENORET, anthropologue (Boston),

ainsi que :

KADER ATTIA, artiste (Paris)

JERRY AYAN, militant (La Réunion)

RACHIDA BRAHIM, sociologue (Marseille)

SELVAM CHANEMOUGAME, militant (La Réunion)

FRANCOIS BURGAT, politologue (La Redonne)

JOCELYNE DAKHLIA, historienne (Paris)

DOROTHEE DUPUIS, curatrice (Mexico)

EMILIE HACHE, philosophe (Saint-Denis)

ACHILLE MBEMBE, historien (Johannesburg)

RASHA SALAH, directrice de la fondation Dar El-Nimer (Beyrouth)